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Aider les startups à devenir des ETI mondiales

31 mai 2017

Tel est l’objectif de France Biotech, association d’entrepreneurs en Sciences de la Vie, qui présentait mardi dernier à Nantes son Panorama 2016.

Murielle Cazaubiel & Maryvonne Hiance

Après Paris, Lille, Marseille, c’est à  Nantes que France Biotech faisait étape pour présenter son panorama de l’industrie des Sciences de la Vie en France.

Maryvonne Hiance, sa présidente, rappelait l’objectif de cette association d’entrepreneurs : aider  les startup issues de la recherche à devenir des ETI mondiales.

Murielle Cazaubiel, la présidente du pôle s’est réjouie du rapprochement avec France Biotech sous l’impulsion notamment de Maryvonne Hiance par ailleurs Vice-Présidente d’Atlanpole Biotherapies.

Frankie Trichet, adjoint au Maire de Nantes et Conseiller Métropolitain (Innovation et Numérique) a quant à lui insisté sur la puissance de notre écosystème interdisciplinaire propice à développer la santé de demain, enjeu majeur pour notre territoire.

Le Panorama 2016

Cette étude, basée sur une enquête auprès de plus de 200 entreprises à travers la France, a été présentée hier par Chloé Evans de France Biotech : typologies des sociétés, partenariats internationaux, tendances du secteur etc…« Les Pays de la Loire : 4e région française pour sa concentration en entreprises des sciences de la vie »

voir le panorama complet

Le financement de l’innovation

Si une augmentation régulière des levées de fonds a été constatée depuis 2012, la part du capital risque reste faible.

Frédéric BOIFFIN – Manager Responsable du Développement Commercial & Relation Enternext – Région Grand Ouest : Euronext s’est imposée comme place de marché européenne la plus active pour le secteur des sciences de la vie : N°1 mondial sur les medtech, n°2 sur les biotechs. «  La bourse : excellent outil pour financer des projets de croissance interne ou externe ». Il a évoqué les formations dispensées par Enternext pour aider les sociétés innovantes à préparer leur IPO. Plusieurs entreprises membres d’Alanpole Biotherapies l’ont déjà suivi (Inflectis BioScience, Horama et Hemarina)

Gwénaël CHEDALEUX – Associé KPMG : Il a détaillé les 7 critères essentiels pour réussir une opération de  fusion /acquisition :

  • Une stratégie / vision commune de la R&D
  • Le leadership, capacité des dirigeants à se projeter
  • Compatibilité des cultures et valeurs d’entreprises
  • La communication interne et externe
  • Le temps
  • La gestion du capital humain
  • Le plan d’intégration

Ce panorama a permis à France Biotech de préparer sa feuille de route. Maryvonne Hiance a détaillé les axes de travail de l’association au travers les forces et faiblesses de la France :

Les Atouts de la France :

  • La recherche en France est très solide (les startups s’appuient sur une science forte , et ont une ambition et des collaborations internationales)
  • Les entrepreneurs issus de la recherche sont dynamiques et ambitieux.
  • La France est le 1er en nombre de création de startups dans le domaine de la santé. « C’est une très bonne chose, c’est là où les fusions/acquisitions sont importantes, comment des sociétés complémentaires peuvent s’allier pour devenir des leaders mondiaux ».
  • Nous sommes les 1er en Europe en nombre de sociétés cotées, ce qui montre notre capacité à lever des fonds et pérenniser l’activité.

Les Freins :

  • Le capital risque : facile à la création, mais les difficultés arrivent à partir de 10 à 15 millions « C’est la fameuse vallée de la mort dont on parle depuis des années. Seulement 14% du financement vient du capital risque! »France Biotech réfléchit sur le sujet depuis longtemps et préconise le fléchage de l’épargne vers le capital-risque. L’association a fait voter une mesure avec un comité interministériel, 7,5% de ce fléchage rapporterait 1 milliard par an.
  • La Fiscalité : une stabilité fiscale est nécessaire
  • Les freins administratifs : Maryvonne Hiance dénonce « l’excès de zèle français ». Les entreprises qui veulent réaliser des essais cliniques mettent 2 mois en Belgique alors que 2 ans sont nécessaires en France… Elles partent donc les faire en Belgique, dans les pays de l’Est, aux USA. Elle dresse un tableau tout aussi noir sur l’utilisation des données publiques de santé, et souhaite travailler aussi sur ce point.
  • Les Freins culturels : le transfert de techno public/privé. « Les sociétés d’accélération de transfert de technologie mises en place depuis quelques années ont un objectif de rentabilité, c’est un schéma incompatible avec l’accompagnement des entreprises issues de la recherche. Il y a urgence pour clarifier le système. »
  • La Communication : démontrer que les Sciences de la vie c’est long, c’est cher mais peut rapporter gros !

La santé de demain représente un enjeu majeur au niveau économique et sociétal : c’est un marché de plus de 1000 milliards dans le monde. « Il faut être présent, développer des produits. Ces entreprises créent de l’emploi, de nouveaux emplois à haute valeur ajoutée. » conclut la présidente de France Biotech