QUANTICARDI : Un projet fédérateur de cardiologie nucléaire à Nantes
14/12/2011
Le projet Quanticardi consiste à développer l’utilisation de l’imagerie TEP (Tomographie par Emission de Positons) dans le domaine de la cardiologie en Europe. Ce projet FUI labellisé par le pôle Atlanpole Biotherapies s’inscrit dans son axe radiopharmaceutique. Porté par la société Lemer Pax avec pour partenaires Keosys, Arronax et l’Université de Nantes (Subatech, Irccyn et CRCNA), ce projet présente un très fort potentiel sur un plan médical et économique.
Une méthode conventionnelle à améliorer
Dans le domaine de la cardiologie aujourd’hui, l’imagerie du cœur étudie principalement la perfusion myocardique. C’est un examen fréquent : 400 000 en France, 3 à 4 millions en Europe et 6 à 7 millions aux USA par an. La technique utilisée en Europe est la scintigraphie conventionnelle, qui présente un certain nombre d’inconvénients. On lui reproche d’abord un manque de spécificité. On entend par là que cette technologie donne des résultats faussement positifs chez environ 25% des patients. Ce qui veut dire qu’elle identifie des anomalies là où il n’y en a pas et particulièrement chez les femmes aux seins denses et les patients en surpoids. Un autre inconvénient réside dans la difficulté à quantifier l’activité du myocarde avec exactitude. L’indicateur clé mesuré est la réserve coronaire, bon indicateur pronostique pour la survenue ultérieure d’évènements cardiaques (infarctus, etc.). La réserve coronaire se calcule en mesurant le rapport entre le débit sanguin à l’effort et au repos. Or, cette mesure est impossible par la méthode conventionnelle dite SPECT. Enfin, cette méthode conventionnelle entraîne une assez forte exposition du patient aux rayonnements.
La TEP, une alternative d’avenir
L’alternative à la scintigraphie conventionnelle est la TEP (Tomographie par Emission de Positons). Encore peu utilisée en Europe dans le domaine de la cardiologie, elle est utilisée depuis plus de 20 ans aux Etats-Unis, avec 5 fois plus de machines. (3000 contre 600 en Europe).
En France, la TEP fut introduite en 2000 pour un usage clinique quasi-exclusif en cancérologie avec près de 170 000 examens par an. Nantes et Rennes furent les premières villes à utiliser la TEP. Aujourd’hui, Nantes dispose de 3 machines (2 à l’ICO et 1 à Catherine de Sienne).
La TEP représente de nombreux avantages par rapport à la scintigraphie conventionnelle. D’abord, elle réduit les résultats faux positifs à 5% des cas. Ensuite, elle permet de mesurer la réserve coronaire et représente une technologie beaucoup moins irradiante. Néanmoins, la difficulté majeure pour utiliser ces machines, réside dans la pénurie en strontium 82, matière première pour la production de rubidium-82 utilisé en cardiologie pour le diagnostic par imagerie TEP.
Or, le projet Quanticardi répond à un certain nombre de besoins puisque l’objectif est de développer des outils innovants par rapport à ceux qui existent aux USA pour la production de strontium 82 et sa transformation en rubidium pour l’injection aux malades. En effet, le cyclotron
Arronax, partie prenante du projet, est la seule machine en Europe de l’Ouest à fabriquer ce radionucléide et la seule à même de produire de grosses quantités, pour l’industrie radiopharmaceutique (vente imminente à l’industrie nord américaine). Associé à ses partenaires, le projet présente d’autres innovations particulièrement intéressantes.
Un dispositif offrant traçabilité, sécurité et écocompatibilité
La société
Lemer Pax – spécialiste es qualité - est en charge de la production du générateur et de l’injecteur. Tous deux offrent des caractéristiques élaborées de traçabilité et de sécurité. Concernant la première, un système de géolocalisation permet de localiser et de suivre en temps réel le parcours du générateur de strontium 82, depuis le site de chargement jusqu’au lit du patient. Quant à la sécurité de l'injection du rubidium-82 au dit patient, elle est garantie par un système informatisé qui autorise la gestion de ses paramètres en interaction avec la base de données informatique du centre hospitalier qui enregistre les données du patient (ce qui a été administré, où, quand, par qui, etc.). Les performances de ce générateur seront validées par les radiopharmaciens du
CRCNA.
Autre sécurité, le générateur qui contient le produit injectable sera équipé d’une clé indispensable à son ouverture. Ce système permettra de réduire considérablement le risque de fuite du produit radioactif et de contamination de l’environnement. De plus, l’injection du produit au patient sera automatisée, minimisant ainsi l’exposition du personnel soignant aux rayonnements.
Enfin, le caractère éco-compatible du dispositif réside dans le matériau utilisé – le Novashield - pour fabriquer l’enveloppe du générateur qui contient l’élément radioactif. La société Lemer Pax a trouvé une alternative au plomb avec ce matériau innovant, recyclable et radioprotecteur.
Automatisation de la mesure
Pour sa part, la société
Keosys, en collaboration avec l’Institut de Recherche en Communications et Cybernétique de Nantes (IRCCyN), va mettre au point un logiciel de quantification de la réserve coronaire à partir des images TEP permettant d’automatiser et de fiabiliser une mesure jusqu’alors manuelle.
Un avantage compétitif certain
Avec de nouveaux brevets et l’ouverture d’un marché mondial, le projet Quanticardi offre à la Région et à la France un avantage compétitif important et une visibilité internationale accrue. De même, pour les malades et le personnel soignant, le dispositif permet de diminuer la marge d’erreur diagnostique et donc le nombre d’interventions dites invasives dont la coronographie et la chirurgie et de réduire l'exposition aux rayonnements.
En résumé, si QuantiCardi s'inscrit dans la compétitivité, il offre surtout un réel bénéfice de santé publique.
Contact
Pierre-Marie Lemer, Pdg Lemer Pax (coordonateur du projet)
Tel. +33 (0)240 252 652
Coût du projet : 3,22 M€ ; aide sollicitée : 1,86 M€ ; aide allouée : 1,37 M€ (co financement par la Région des Pays de la Loire)